Evangelion : World Seifuku Project (Part 3)

Seifuku Evangelion

 


J’ai pensé que des chaussettes noires iraient à Rei Ayanami, mais à l’époque c’était embarrassant !


Sakurai : Pour changer de sujet, saviez-vous qu'il existe un catalogue pour les uniformes d'infirmières?

 

Sadamoto : Oui, j'en ai entendu parler.

 

Sakurai : Certains hôpitaux ont commencé à utiliser des uniformes roses, et en peu de temps le rose a acquis une image positive. Qu’en est-il de la couleur rose dans les animes ?

 

Sadamoto : Oui, le rose est le symbole de la féminité. Dans les animes nous ne pouvons pas vraiment utiliser le blanc, par rapport à l'arrière-plan. Nous ajoutons une nuance d'une autre couleur au blanc, parfois du vert ou du bleu, afin de s’harmoniser avec le teint du personnage. Souvent on ajoute un peu de rose au blanc. Cependant, je crois que j'ai mis du bleu pour Rei. Le rose est populaire depuis longtemps dans le monde de l’anime.

En parlant du rose, au début, il n'était pas du tout utilisé pour la plugsuit de Mari ; nous ne l’avons même pas testé. Pendant plus de deux semaines, nous avons essayé le vert, le jaune, puis l’évidence m'a sauté aux yeux : "Ce sera rose". Nous l’avons photoshopée en rose et la validation de la décision fut immédiate.

 

Sakurai : Wow ! Je ne peux pas imaginer la plugsuit de Mari être d’une autre couleur que le rose – elle est parfaite.

 

Sadamoto : La plugsuit de Rei Ayanami est blanche, celle d’Asuka est rouge. Le rose est entre ces deux couleurs mais il perd un certain impact, donc j'ai pensé à faire une autre couleur plus scandaleuse. Le noir serait plus britannique, mais un peu dur, alors je suis allé vers le vert. L’ancien modèle de plugsuit de Mari est vert, mais j'ai été surpris de voir combien rose lui allait bien.

 

Kitamura : Ce rose est une couleur très kawaï. Je me sens plus kawaï simplement en portant du rose. L’image que je me fais de Mari n'est pas kawaï, mais la couleur lui va bien.

 

asianbeat : Le World Seifuku Project semble se dérouler comme prévu.

 

Sadamoto : Je viens de voir un échantillon et j’ai senti qu'ils avaient été capables d'encapsuler les couleurs principales d’EVA. Jusqu'à maintenant, j'ai été impliqué dans un certain nombre de collaborations de produits, et il est très difficile de trouver un équilibre avec la touche de couleur. Si vous optez pour quelque chose d'élégant, vous devez faire attention à garder l'équilibre ou cela n’aura pas l’air sérieux. La touche de couleur peut être une boîte de Pandore.

 

Aiura : Ce fut un casse-tête de travailler sur l'utilisation de la touche de couleur pour les seifukus. Je ne voulais pas que cela ressemble à la mode cosplay écolière, mais en faire un vrai uniforme que vous pouvez porter et qui vous donne envie de devenir un personnage d’EVA.

 

Sadamoto : Je pense que l'équilibre est bon. Si on en fait trop, cela devient du pur cosplay. Nous avons discuté de cette question l'autre jour. Aujourd'hui, les produits dérivés liés à Evangelion sont dans leur deuxième phase. Auparavant, nous avons juste utilisé le Tôkyô-3 et le logo Evangelion en tant que tels. Toutefois, pour ce projet, nous avons fait des produits distincts et placé la marque Tôkyô-3 ou NERV à un endroit peu visible. Certains pourraient dire: « Ce n'est pas un produit EVA », ce à quoi je répondrais « Et alors ! ». Ceux qui veulent vraiment acheter des produits EVA le feront. Je pense que nous avons atteint un juste équilibre. Par exemple, on pourrait voir un simple point sur le tissu mais en y regardant de plus près on y verrait le visage d’un Ange.

 

Sakurai : Je préfère un logo discret.

 

Sadamoto : Les fans américains d'animes ont tendance à aimer les logos et les personnages qui se démarquent, c'est peut-être une partie de leur caractère national – « Nous aimons les animes japonais et voici un logo pour le prouver ».

 

Sakurai : Les Etats-Unis d’Amérique ont la culture des chaînes de magasins. Par exemple, si un américain ouvrait un maid café, plutôt que de donner à chaque magasin une atmosphère particulière, il en ferait probablement une franchise. Les lycéennes ajustent la longueur de leur jupe, pour essayer d’être différentes des autres d'une façon que personne ne remarquera vraiment, et c’est important pour un japonais. Le Japon aime ce genre d'ajustement unique. Je pense que les seifukus et les produits dérivés d’animes ont atteint ce stade.

 

Kitamura : Exprimé ainsi, je suis d'accord !

 

Sadamoto : Mais la seule chose que je ne comprends pas, c'est lorsque les lycéennes raccourcissent leurs jupes, et que cela devient une tendance kawaï, alors toutes suivent le mouvement. Dans ce cas, une maxi-jupe ressortirait plus. D'une certaine façon, je pense que c'est peut-être la mode réelle mais peut-être est-ce une fausse idée ici.

 

Sakurai : Je vois ce que vous dîtes – c’est similaire, mais différent. Il s’agit de trouver l'équilibre entre le style criant « regardez-ça ! » et être simplement être à la mode.

 

Sadamoto : Etre kawaï devient de plus en plus commun. Qu'est-ce qui se passe quand tout le monde se ressemble ? C'est inconcevable !

 

Aiura : Il arrive toujours un moment où le style des uniformes change. Ça remonte à loin, Yuki Saito, dans Sukeban Deka, portait une jupe longue qui s'est ensuite raccourcie de façon impressionnante. Par la suite, ce sont les loose socks qui ont vues le jour, et beaucoup de filles de cette époque en portaient.  Et puis, on a vu apparaître des groupes d'idoles plus "conformistes" et ces longues chaussettes bleu marine qu'elles se sont mises à porter ont supplanté tout le reste. Si on parle de cycle, on peut  s'attendre à l'apparition fracassante d'un objet inédit.

 

Sadamoto : C’est sensiblement pareil avec le character design – essayer d'être le premier à mettre en place l'opposé de ce qui est à la mode. Les chaussettes noires de Rei Ayanami sont un exemple. Lors de la première diffusion, les chaussettes tombantes étaient au centre d'un boom. Je me suis dit qu'il serait embarrassant de dessiner des chaussettes tombantes à un moment où elles sont si populaires, alors je suis allé dans une autre direction en dessinant des chaussettes noires. J'ai été plutôt hésitant au début quant à dessiner quelque chose n’étant « pas à la mode », mais j’ai considéré que cela convenait bien à un personnage comme Rei. Maintenant, la mode l’a rattrapée et vous voyez des chaussettes noires partout ; elles sont communes. Le seifuku plaît, dans sa forme basique, donc la plupart des gens rechignent à aller à l'encontre des principes conceptuels fondamentaux.

 

Aiura : Comme mode, le seifuku a ses limites. Tout ce qui pourrait rebuter le grand public est rejeté. Il est difficile d'élaborer des concepts dans les limites de ce que les gens vont accepter, mais c'est un défi intéressant. Les chaussettes tombantes et les cardigans tricotés style baggy ont soulevé la désapprobation de la population en générale et ont été interdits de certaines écoles ; donc il n’y en a plus beaucoup. Le seifuku est devenu un symbole pour la fille de la haute classe, et ceci montre que la définition de « kawaï » change à chaque génération.

 

Sakurai : Il ne fait aucun doute que le seifuku continuera d'être un important moyen de diffusion pour la culture kawaï. Il sera intéressant de voir le résultat de la collaboration entre CONOMi, une société avec tout le savoir-faire de la culture de la mode et du seifuku, et Evangelion, l'un des animes japonais les plus populaires à travers le monde. Je me réjouis de ce que cette collaboration apportera

Seifuku Evangelion

 

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Crédits
  • Source : Sekai-seifuku
  • Date : 24 janvier 2013
  • Auteur : Asianbeat
  • Autres Infos : Interview réalisée le 28 décembre 2010 et traduite par Code G².
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