Evangelion : World Seifuku Project (Part 2)

Seifuku Evangelion

 

Pour commémorer les débuts du World Seifuku Project, nous avons organisé une réunion spéciale.

 

Les participants qui y figurent sont :

  • - Le superviseur de la production de seifuku estampillée EVA, M. Yoshiyukui Sadamoto
  • - Le président de Seifuku Shop CONOMi, M. Takayuki Aiura
  • - L’Ambassadeur Kawaï (ambassadeur de la culture pop japonaise) du ministère des Affaires étrangères, producteur et grand expert japonais sur la culture kawaï, M. Takamasa Sakurai
  • - Mlle Shizuka Kitamura du groupe musical C-ZONE.


Les membres ci-dessus sont réunis pour discuter de la mode seifuku japonaise et de la culture kawaï.


Les filles du monde entier aime le seifuku dans les animes japonais.


Sakurai : Bonjour, je suis heureux d'être ici. Au cours des trois dernières années, je me suis rendu dans environ 60 villes de 19 pays à travers le monde, en diffusant la diplomatie culturelle, à la recherche de la "culture kawaï" japonaise d’un point de vue extérieur. Il est étonnant de voir à quel point le seifuku japonais est populaire.

 

Kitamura : Salut, je suis Shizuka Kitamura de C-ZONE. Ravie de vous rencontrer.

 

Sakurai : J’ai participé à des événements à Paris et en Chine en compagnie de Mlle Kitamura où elle s’est produite en concert, ainsi qu’à Japan Expo, le plus grand évènement européen de la culture pop japonaise qui se déroule dans la banlieue de Paris, en France. Elle aime le seifuku et Eva, elle est donc ici une représentante des jeunes filles japonaises.

 

Kitamura : Oui, je suis une grande fan d’Eva. Quand la série a débuté, je n'avais que 5 ou 6 ans.

 

Tous : 5 ans ! (rires)

 

Kitamura : Oui ! Mes frères et sœurs aiment aussi Eva. À l'école primaire, j'ai lu le manga, et j'ai vu la série télévisée, puis les films - j'ai tous les volumes du manga. Je suis fan à ce point-là.

 

Sadamoto : Je vous remercie beaucoup.

 

Sakurai : Juste avant qu'elle ne chante devant 3000 personnes à Japan Expo, je lui ai chuchoté « si vous dites ‘Je suis une Otaku », ils vont adorer", ce qui comme je m'y attendais a produit bon nombre d'applaudissements dans la foule. (rire)

 

Kitamura : Tout le monde comprend le terme « otaku », n'est-ce pas ?

 

Sadamoto : A l’étranger, les fans connaissent vraiment bien leur japonais. Dans des endroits comme les Etats-Unis d’Amérique, être capable de parler japonais est un statut symbolique pour l’otaku.

 

asianbeat : Le terme « seifuku » est récemment entré dans leur vocabulaire.

 

Aiura : Lors de l’édition 2009 de ROMIX, un événement de grande envergure présentant la culture pop japonaise se tenant à Rome, M. Sakurai a été en mesure d'obtenir que CONOMi expose leur seifukus. Parmi les 75.000 personnes,  il y avait quelques cosplayeuses vêtues de seifuku.

 

Sadamoto : Quand je suis allé à Japan Expo en 2008, le seifuku commençait juste à devenir à la mode. C’était au moment où le groupe féminin SCANDAL a fait ses débuts. Je pense que c'est à cette période que le seifuku a commencé à plaire aux gens.

 

Sakurai : L’année suivant la participation de M. Sadamoto à cet évènement, le seifuku est vraiment devenu populaire. J'ai été vraiment épatée par la popularité du seifuku. Tout le monde qui voyait quelqu’un en porter un disait "je veux le porter aussi !"

 

Sadamoto : La série K-ON! a donc fait son chemin ? Où était-ce La Mélancolie de Haruhi Suzumiya ? Pour les garçons, cela aurait été Ouran High School Host Club.

 

asianbeat : Le seifuku est populaire parce qu'il représente le côté kawaï du Japon. Que pensez-vous de son attrait?

 

Sadamoto : Le seifuku était sur le devant de la scène avant cela, avec le groupe de musique russe t.A.T.u. Mais je pense que la raison de sa récente popularité est en grande partie liée à l'animation japonaise. Les derniers animes sont pour beaucoup des dramas gentillets où personne ne se fait tuer ou blesser, et je pense que les gens aspirent à ce genre d'expérience à l'école. Tout le monde se réunit et s'amuse – c'est ce que les gens préfèrent.

 

Sakurai : Lorsque je suis allée au Salon du manga à Barcelone en 2007,  j'ai interrogé deux filles portant un seifuku. Je leur ai demandé: «Pourquoi portez-vous un seifuku », ce à quoi elles ont répondu « Le seifuku de la lycéenne japonaise est un symbole de liberté ».

 

Sadamoto : Liberté !?

 

Sakurai : J’ai vérifié si j’avais bien saisi leur réponse, elles ont répété « oui, c'est sans aucun doute la liberté ». Les filles à l’étranger n'ont pas de concept d’un uniforme scolaire à la mode, mais quand elles voient des jeunes filles japonaises raccourcir la longueur de leur jupe et arranger leur seifuku librement, les étrangères se mettent à penser que la mode seifuku est cool et donne corps à un certain respect pour l’étudiante japonaise.

 

Sadamoto : C’est intéressant, surtout parce que le seifuku a été initialement conçu pour restreindre la liberté vestimentaire.

 

Sakurai : On dirait qu'ils prennent notre culture comme une sorte de contre-culture. Les lycéennes chinoises ont dit que, pour elles, le lycée japonais lui-même apparaît comme un fantasme. Teindre leurs cheveux en brun, porter un seifuku – du jamais vu en Chine. A leurs yeux, il semble que la réalité du Japon et le monde de l'anime sont une seule et même chose. Ceci est symbolisé par leur désir de porter un seifuku. Le seifuku dans l'anime est devenu l'objet du désir féminin – en particulier en Chine.

 

Aiura : Pour nous, dans l'industrie du seifuku, nous puisons beaucoup notre inspiration des mangas, des films et des feuilletons télévisés lors de la création d'un vêtement. D'autre part, je pense que les animateurs utilisent également le seifuku lycéen comme base à leurs créations. Un anime n'est pas nécessairement détaché de la réalité, et c'est un peu comme la poule et l'œuf. Je pense que le seifuku kawaï est le résultat de cette synergie mutuelle.


Motif écossais et mini-jupe –  la combinaison la plus kawaï a-t-elle été conçue au Japon ?


Sakurai : Le World Seifuku Project est une expérience fantastique. Je pense qu'il n’y a pas beaucoup de collaborations entre les animes et la mode qui soient si attentives aux détails. Je suis un grand fan d’Evangelion, donc je suis très excité. Je suis impatient de voir des filles porter ces seifukus.

 

Kitamura : On me les a montré ; c’était tout à fait incroyable de les découvrir ? Jusque-là je ne les avais vus qu’en deux dimensions. Voir le premier uniforme collégien municipal me rend si heureux. Vais-je le porter comme Rei ou comme Asuka ?

 

Sakurai : L’autre jour je suis allé à un concert de SKE48 et sur scène le maître de cérémonie a demandé aux membres du groupe sous quelle forme ils pourraient renaître. Une fille a dit qu'elle renaîtrait comme un « personnage d'anime ». Rien de spécifique, juste un personnage d'anime. Wow !

 

Kitamura : Je dois admettre que je voudrais également bien vivre dans le monde des animes.

 

Sakurai : Vous paraissez sérieux. Plus les filles déclarent qu'elles veulent vivre dans le monde du manga et des animes plus cela se rapproche du monde réel !

 

Sadamoto : J’ai demandé aux gens pourquoi ils préfèrent le monde des animes et du manga. La plupart d’entre eux, au début de leurs vingt ans, sont fans d’idoles. Mais ces idoles grandissent et se marient et c'est un choc au sein du système alors Lum Invader – Lamu en France – ne se mariera jamais ! Ils disent: « Je préfère être dans le monde des animes où l’on ne vieilli pas ». Si vous voulez suivre une idole qui est hors de portée, vous pouvez tout aussi bien suivre une idole en deux dimensions d’animes et de manga.

 

Sakurai : Les animes représentent un facteur important dans la popularité du seifuku parmi les filles du primaire et du secondaire à l'étranger. Il y a eu quelques cas de seifuku tirés d’animes qui ont été reproduits à l'étranger, mais à vrai dire la qualité n'était pas très bonne. Est-il difficile de dessiner des seifuku dans un anime?

 

Sadamoto : Oui, c’est difficile. Vous ne pouvez pas couper les coins en dessinant un seifuku. Dessiner des plis me donne des frissons dans le dos. Par exemple, avec la jupe de Mari, j'ai demandé que seules les grandes lignes de sa jupe soient plissées. Nous ne dessinons pas de lignes verticales, seulement le contour flottant. Pensez combien c’est difficile. L’uniforme du collège municipal de Tokyo-3 de Rei a deux plis à l'avant et un à l'arrière et je réfléchi toujours à la façon de réduire le nombre ! Si vous avez une jupe plissée et que vous voulez la faire flotter, les plis rendent tout cela vraiment difficile. Si seulement je pouvais même réduire ne serait-ce qu'une ligne... Peut-être suis-je trop pessimiste ?

 

asianbeat : Je ne savais pas que le nombre de plis était un tel secret commercial !

 

Sakurai : Le seifuku de Mari a un design kawaï que l’on pourrait porter à l'école.

 

Sadamoto : Oui. Lorsque j’ai eu les instructions pour la conception du seifuku de Mari, le document ne comportait que deux lignes : style britannique et style école chrétienne missionnaire. Quand j'ai demandé au réalisateur principal M. Anno "Qu'est-ce que le style école missionnaire", il a répondu "Je ne sais pas, fait quelque chose à partir de ces mots"! Je lui ai alors demandé des documents de référence et quelques jours plus tard, il m’a apporté des photos d’écolières britanniques en ajoutant « comme ça ». Toutes leurs jupes étaient longues – 15 cm en dessous du genou – et certaines avaient l'air si vieux ! En regardant toutes les photos, j'ai constaté que beaucoup utilisaient un motif à carreaux ; la plupart des écolières portaient aussi des collants et des blazers avec bords colorés. J'ai utilisé ces caractéristiques dans la conception. J'ai dit à M. Anno que si Mari ne portait pas de veste, cela n’aurait pas l'air très britannique. Dans la pré-bande annonce à la fin d’Evangelion 1.0, Mari est vêtue d'un blazer, mais dans Evangelion 2.0 cela ne serait pas adéquat si elle en portait un donc j'ai changé le design.

 

Sakurai : La scène d’entrée de Mari sur le sommet de l'école est vraiment quelque chose. Et elle porte un tissu écossais. Pourquoi est-ce si attrayant ? Maintenant, même les costumes d’AKB48 ont des motifs écossais.

 

Kitamura : J’aime aussi les motifs écossais. C'est kawaï et à la fois élégant et plein de maturité. Si une lycéenne veut se sentir plus mature, une jupe noire est un peu trop terne mais un motif écossais rouge fait très adulte.

 

Asianbeat : Il y a beaucoup d'idoles portant des motifs écossais de nos jours.

 

Sakurai : C’est certain. Je vais souvent à des concerts d’idoles et il y en a beaucoup qui portent des seifuku CONOMi. Dorénavant, je peux dire d’un seul coup d'œil si quelqu'un porte la marque CONOMi.

 

Sadamoto : Je pense que le motif écossais parait mignon en raison de la combinaison avec la mini-jupe. Si c'était plus long, cela ne serait pas aussi mignon.

 

Sakurai : En y pensant, les mini jupes à motif écossais sont une invention japonaise n'est-ce pas?

 

Sadamoto : Vous avez peut-être raison. Il y a aussi la combinaison des collants noirs montant jusqu'aux genoux, pour produire l’effet Zettai Ryôiki ※, qui est aussi une originalité japonaise.

 

Aiura : Les filles du secondaire sont très attentives à la zone Zettai Ryôiki. Elles retroussent leurs jupes à la taille par incréments de 1 à 2cm afin de rendre leur jupe plus courte. Elles travaillent vraiment dur dans leur recherche du kawaï.

※Zettai Ryôiki (绝 対 领域) se traduit par «territoire absolu». Il s’agit de la zone de peau nue vu entre le rebord d’une jupe et les hauts des cuisses.

 

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Crédits
  • Source : Sekai-seifuku
  • Date : 24 janvier 2013
  • Auteur : Asianbeat
  • Autres Infos : Interview réalisée le 28 décembre 2010 et traduite par Code G².
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