Exposition « Evangelion et les sabres japonais »

Exposition « Evangelion et les sabres japonais »

La Maison de la Culture du Japon à Paris a ouvert au public une exposition itinérante intitulée Evangelion et les Sabres japonais, organisée du 30 avril au 21 juin 2014. Il y a plus de quinze ans, nous n’aurions jamais pu imaginer qu’une telle exposition puisse voir le jour en France. Néanmoins, nous n’avons pas pu assister au vernissage proposant à la fois une conférence et une démonstration de gravure de lame de sabre japonais en présence de Kinoshita MUNENORI, maître orfèvre.

Une vingtaine de forgerons japonais ont relevé le défi de rendre réel l’univers de science-fiction d’Evangelion. Célèbre série d’animation japonaise produite au milieu des années 90, Neon Genesis Evangelion fit son grand retour en 2007 au cinéma avec la sortie du premier volet d’une tétralogie intitulée Rebuild of Evangelion.

En revanche, il est important de signaler que l’essentiel des travaux inspirés d’Evangelion sont tirés non pas de la série télévisée, ou encore des derniers longs-métrages, mais du light novel ANIMA (inédit en France) – illustré par Ikuto YAMASHITA, le Mecha Designer de la saga. L’histoire y diffère quelque peu et les Evas combattent notamment avec des armes inspirées des sabres japonais ancestraux. Les sabres japonais sont des œuvres collectives, un état caractérisé par les différentes parties les constituant, tout comme les animes sont le produit du travail associatif. Les artisans ont fait appel à leur imagination, motivés par la poursuite de l’excellence, parvenant ainsi à donner corps à des œuvres uniques.   

« Evangelion est une œuvre d’une très grande richesse, et je pense que cette rencontre a été fructueuse. Les artisans ont su s’approprier les codes esthétiques de la série, tant au niveau des couleurs que des formes, en reprenant par exemple l’association du violet et du vert pour évoquer l’Eva-01», a déclaré Tetsuya UENO, conservateur au Bizen Osafune Japanes Sword Museum. « Nous ne voulions pas présenter des versions simplifiées de sabres japonais. Les artisans qui ont participé à ce projet se sont impliqués corps et âme et ont produit des œuvres d’une qualité extrêmement élevée.» En effet, les détails et la finesse sont à examiner de façon précise. Les visiteurs doivent jouer avec la lumière pour en voir toutes les subtilités. Ce rendu est difficilement retranscrit par les photos.

Situé au deuxième étage du bâtiment, où une reproduction d’une taille "un peu plus qu'humaine" de l'Eva-01 nous accueille les visiteurs à la sortie de l’ascenseur, l’exposition débute avec la découverte de la pièce maîtresse de ce projet : une lance de Longin de plusieurs mètres. « Les expositions sur les sabres japonais n’attirent que les personnes âgées » a confessé Tetsuya UENO. Souhaitant susciter l’intérêt d’un public plus jeune, il est entré en contact avec la société  GroundWorks – qui gère les droits de licence d’Evangelion. Il proposa alors de faire fabriquer une réplique de cette fameuse lance par un maître forgeron. Yasuhiro KAMIMURA, le responsable de GroundWorks, intéressé par l’idée, donna son accord.  « Nous sommes profondément conscients du fait que l’art des sabres japonais devient obsolète. Même si notre travail est de qualité, nous avons aujourd’hui peu d’occasions de le partager avec le public. Cette rencontre avec l’univers d’Evangelion nous offrait l’opportunité de sortir de cette impasse, et nous l’avons saisie », reconnait Kinoshita MUNENORI.

L’exposition se présente en trois parties distinctes. D’un côté, en plus de l’espace dédié à la lance de Longin, cette arme emblématique de l’univers d’Evangelion, plusieurs panneaux nous présentent le projet actuel ainsi qu’un historique des sabres japonais – avec leurs variations au fil du temps, leur utilité guerrière comme sociale – via des textes accessibles à tous. De l’autre côté, deux rangées exposent des œuvres aux formes futuristes inspirées d'Evangelion – complétées par la présence de figurines grandeur nature des héroïnes Rei Ayanami et Asuka Sōryū Langley / Asuka Shikinami Langley. Elles côtoient d’autres travaux bien plus anciens (sabres, armure, masques de guerre ...)datant des époques Kamakura (1185-1333) à Edo (1603-1868). Dans le prolongement, une partie de l’exposition s'attarde sur les traits particuliers et accessoires comme le manche, l'étui, les décorations...  Enfin, une zone de projection cachée derrière un mur propose un documentaire d’une quinzaine de minutes dévoilant aux visiteurs toutes les étapes de la fabrication de la lame d'un katana.

En conclusion, que vaut cette exposition à la thématique paradoxale de prime abord ? Malgré un bon nombre d’objets exposés, vous risquez malheureusement d’être déçus si vous venez de loin. En effet, le lien direct avec la saga Evangelion reste toutefois limité d’autant que l’exposition occupe seulement une salle. Même s’il n’est pas nécessaire de connaitre Evangelion ou de s’intéresser à l’art du sabre japonais, cette exposition nous interpelle, si l’on s’en donne la peine, grâce aux différents textes explicatifs qui accompagnent les œuvres de ses artisans ayant réinterprété l’univers graphique d’Evangelion à l’aide de techniques traditionnels.

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Crédits
  • Source : Sekai Project
  • Date : 23 mai 2015
  • Auteur : Ruzgfpegk
  • Autres Infos : Revu et corrigé par Code G²
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