Edito Février 2012

Mise à jour septembre 2010

Depuis quelques années, le marché vidéo français de l'animation japonaise est en crise. On note une baisse du nombre de sorties, parmi lesquelles se trouvent régulièrement des rééditions. Quant au secteur du manga, qui bénéficie d’une attraction de consommation plus importante, de nombreuses nouveautés parviennent encore dans les rayons des librairies (malgré une saturation du marché récemment évoquée par certains éditeurs).

 


Avec l'arrivée du support Blu-ray, les éditeurs vidéo français font face à une nouvelle problématique. Certains fans ne souhaitent plus investir dans le support DVD tandis que d'autres n'ont pas encore les moyens d'acquérir le matériel adéquat. Des éditeurs comme Kazé ou encore Dybex proposent depuis plus d'un an quelques titres sur support Blu-ray – essentiellement des longs-métrages même si des séries commencent à se frayer un chemin. La série d'OVA Furi Kuri est le premier titre Gainax à être disponible en France sous ce format haute définition.

Globalement, la santé financière et l’activité des éditeurs ne sont pas au beau fixe. Ainsi, Beez a officiellement annoncé la cessation d'une partie de son activité en janvier 2012. En effet, face à l'évolution du marché de la vidéo en France, la distribution des formats DVD et de Blu-ray est abandonnée au profit notamment de la vente de programmes télévisés. Récemment, l'éditeur avait lancé une collection intitulée "Anime Legend" permettant aux consommateurs d'acquérir l'intégrale d'une série pour 39,95€. Les titres les plus prestigieux de l'éditeur, comme la série Gurren Lagann, ont bénéficié de cette formule avantageuse. Ce type de rééditions, opéré par d’autres éditeurs encore en activité, permet aussi à un titre de demeurer dans les rayons des enseignes de distribution.

Côté manga, l'éditeur Tonkam confirme son intention de sortir le 3ème et dernier tome de Petit Eva mais semble avoir, pour le moment, d'autres priorités calendaires. Quant à l'arrêt de la commercialisation du manga Kare Kano, il s’est justifié par la récente volonté commune à plusieurs éditeurs de désengorger le marché et les rayons des librairies. De plus, nous avons appris que Tonkam avait été quelque peu déçu de l'exploitation commerciale. Aucune nouvelle édition de ce titre n'est prévue dans les années à venir (alors qu’une nouvelle édition voit le jour au Japon). Malgré son succès, le manga de Yoshiyuki Sadamoto, Neon Genesis Evangelion, peine à pointer le bout de son nez en France. Une fois encore, le titre est en attente chez Glénat. Une possible sortie du tome 12 peut toutefois être espérée pour 2012.

Tous ces signes démontrent bien que le secteur manga encore florissant il y a plusieurs années, est actuellement en difficulté. Bien avant la crise économique récente, les éditeurs français – et les autres – faisaient déjà face à une adversité aujourd’hui bien installée : le Fansub (pour le support vidéo) et le Scantrad (pour le support papier). Ces activités, illégales, contribuent à malmener la pérennité de ces secteurs ainsi que des auteurs japonais. Cependant, le problème est loin d’être aussi simple. Plusieurs facteurs entrent en concomitance. On peut citer le renouvellement générationnel des consommateurs, entraînant une réduction de la population habituée à l’achat de titres. Quant à la copie d’une œuvre, cette pratique existait déjà à l’époque de la VHS. Ce qui a changé, c’est la démocratisation de l’accès à internet et ses capacités de diffusion et donc la globalité de l’échelle. Cette "industrialisation" du concept de diffusion sans contraintes, entraîne une exigence de la disponibilité immédiate chez des consommateurs n’ayant pas connus une époque différente - qui n'est pourtant pas si lointaine. De plus, il ne faut pas oublier que le marché vidéo de l’animation japonaise reste un marché de niche. Du fait du prix des licences de certains titres, la rentabilité reste un défi pour un éditeur s’il n’y a pas de diffusion télévisée à la clef.

Pour s’adapter à cette crise, les éditeurs français (Dybex, Kazé, Wakanim) offrent l’option du simulcast avec la mise en ligne des épisodes de certaines licences quelques jours après leur diffusion au Japon. Que les épisodes soient tous disponibles gratuitement, ou en partie (option de découverte), on ne peut qu’encourager la souscription à ce mouvement initié par les éditeurs. Malheureusement, malgré ces initiatives, certains "consommateurs" manquent encore de bon sens et restent trop immatures.

free joomla templatesjoomla templates
2019  Gainax.fr | v4.0